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Une expérience d’écriture:et de lecture avec des enfants en échec scolaire - étude & poèmes
mardi 1er août 2006, par mars
L’objet de cette étude est de relater et d’analyser une pratique de lecture et d’écriture sur une période d’une dizaine d’années avec des enfants (pré-adolescents, soit de 11 à 16 ans) vivant une situation d’échec scolaire grave associée à des troubles du comportement de l’ordre de la névrose, de la mélancolie ou de la psychose.
… la position d’exclusion de ces enfants a … pour but de situer le malaise, la souffrance, dans le champ d’une parole entendue ou pas et de restituer la vie dans le sens d’une histoire possible, contrairement à une classification — caractériel, délinquant, abandonnique — qui nous semble d’emblée enfermer le sujet dans le négatif d’un destin…
Face à l’objet du savoir, l’acquisition scolaire, la position de ces enfants est globalement celle du refus, qu’elle se manifeste dans la passion de l’ignorance ou dans la mise en acte verbale et corporelle de l’impuissance, voire même dans le passage à l’acte et la violence du corps à corps.
La position du maître, de celui qui enseigne, est alors non une position pédagogique classique de transmettre la connaissance mais celle de renouer des liens de confiance, de gratitude et d’estime possible de soi, de considération de l’existence d’un espace psychique de chacun, de manière à ce que l’enfant puisse s’impliquer lui-même en son nom, se responsabiliser dans son acte.
(…)
Le maître n’apprend pas comment il faut faire, il laisse entendre seulement que c’est possible, il est plus dans une attitude d’accompagnement corporel que de démonstration ; il libère des énergies prisonnières de l’angoisse parfois seulement en laissant entendre le son de sa voix. Car comment faire quelque chose de l’angoisse dans laquelle sont la plupart du temps ces enfants, les privant de toute énergie mobilisable, si ce n’est en les aidant à se mobiliser dans des champs symboliques où se réinscrivent leurs potentialités de penser. La lecture et l’écriture sont alors une transition incluse au champ de l’autre tel qu’il assume une coupure et une médiation d’avec un imaginaire persécuteur ou tout-puissant. Sortir de la position de maîtrise ce n’est pas retrouver rien, c’est éprouver alors à la lettre et au pied du mur ses capacités propres telles qu’on s’en estime digne. Car le drame de ces enfants est dans ce rejet.
"L’écriture est un sentier qui nous mène dans l’horizon d’une inspiration qui vient du coeur. Des soupirs d’adieu et des soupirs qui se réveillent, qui viennent de naître dans notre esprit. L’art est notre vie créée sans contrôle. C’est un passage désespéré qui nous mène à des victoires insensées. La création naît dans l’esprit, on l’a sur la peau, la peinture on l’inspire sur l’extrémité du monde, je le ressens car je suis humaine." (publié , entre autres textes d’enfants, dans "Les éclipses majestueuses : poésie et peinture"Patrick Laupin ; Comp’Act - 2003
LIENS
Patrick Laupin intervient dans le cadre des rencontres nationales des MIFE (réseau des Maisons de l’Information sur la Formation et l’Emploi) à Caen les 10 et 11 juin 2010 - http://www.intermife.fr/
et
Voir aussi les sites Le printemps de poètes et poésie en liberté
et les articles
A. Manguel, Pinocchio et Robinson : pour une éthique de la lecture
LE MARATHON DES MOTS (en juin , à Toulouse et autour)
L’accés à la lecture pour tous et toutes
Ecriture et lecture avec des enfants en échec scolaire
"Correspondances de Manosque" exemple d’art équitable
APPEL de La Maison des écrivains : résister à un monde sans arts