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R. Barthes : Le bruissement ... Ch.L’image - Texte illisible

samedi 3 mars 2007, par mars

Le bruissement de la langue – Chap.L’image

"J’ai un rapport brûlant à l’illisibilité"

Tel texte est dit « illisible ».

J’ai un rapport brûlant à l’illisibilité.

Je souffre de ce qu’un texte me soit illisible, et moi j’ai été souvent accusé d’être illisible.

Je retrouve ici le même affolement que me donne la Bêtise ; est-ce moi ? Est-ce 1’autre ? Est-ce 1’autre qui est illisible (ou bête) ? Est-ce moi qui suis borné, inhabile, est-ce moi qui ne comprends pas ?

Devant le texte que je ne sais ni ne puis lire, je suis, à la lettre, « déboussolé » ; il se produit en moi un vertige, un trouble des canaux labyrinthiques : toutes les « otolithes » tombent d’un seul côté ; dans mon écoute (ma lecture), la masse signifiante du texte bascule, n’est plus ventilée, équilibrée par un jeu culturel.

Le statut d’« illisibilité « est insaisissable « scientifiquement » (linguistiquement), sauf à recourir à des normes, mais ces normes sont indécises, varient graduellement.

Cela renvoie inexorablement à une situation de langage (language in use) ; la linguistique sait bien qu’il lui faut maintenant s’occuper de cela, sinon elle périra ; mais il lui faut alors tirer à soi toute la nappe du monde, du sujet.

L’illisibilité, c’est une sorte de cheval de Troie dans la forteresse des sciences humaines.

Cependant, peu à peu, en moi, s’affirme un désir croissant de lisibilité. [1]

J’ai envie que les textes que je reçois me soient « lisibles », j’ai envie que les textes que j’écris soient eux-mêmes « lisibles ».

Comment ? Par un travail de la Phrase, de la Syntaxe ; j’accepte le « thétique » (lié à la Phrase par Julia Kristeva à propos de l’Olophrase), quitte à le truquer par d’autres moyens que la syntaxe.

Une phrase « bien faite » (selon un modèle classique) est claire ; simplement, elle peut être tendue vers une certaine obscurité par un certain usage de l’ellipse : il faut doser les ellipses ; les métaphores aussi ; une écriture continûment métaphorique m’épuise.


Ouep … maintenant, dodo !

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Notes

[1] Youpi !

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