lundi 14 mai 2007, par mars
Ci-dessous la page d’histoire du Front Populaire telle qu’enseignée actuellement aux élèves en classe de 3ème. (deux documents (graphiques), ne sont pas reproduits)
Histoire-Géographie, classe de 3ème – Nathan page 67 =====================
Pourquoi le gouvernement du Front populaire a-t-il autant marqué la mémoire collective des Français ?
1. Le programme du Front populaire est résumé par le mot d’ordre : « le pain, la paix, la liberté ». Les élections de 1936 sont favorables au Front populaire . Chef du parti majoritaire à la chambre des députés, Léon Blum prend la direction du gouvernement. C’est la première fois qu’un socialiste dirige le pays.
2. Le nouveau gouvernement innove en confiant des postes à trois femmes et en créant un sous-secrétariat d’État aux Sports et aux loisirs : la droite tourne en dérision ce " ministère de la paresse".
1. A l’annonce de la victoire du Front populaire, un vaste mouvement de grèves se déclenche spontanément dans tout le pays. Deux millions de grévistes occupent leurs usines dans une ambiance de fête qui montre la joie et l’espérance du monde ouvrier.
2. Pour la première fois, le gouvernement arbitre les conflits sociaux : les négociations organisées par Léon Blum entre les syndicats et le patronat débouchent sur les accords Matignon (doc 4). Les salaires sont augmentés et la liberté syndicale est reconnue. La signature de conventions collectives est décidée. Ces accords sont complétés par des lois sociales comme le droit à quinze jours de congés payés ou la semaine de 40 heures.
1. Dès la victoire du Front populaire, les passions se déchaînent. L’extrême droite multiplie les injures antisémites contre Blum et organise des campagnes de calomnies (doc 5).
2. Les partis du Front populaire se divisent face à la guerre civile espagnole : contre l’avis des communistes, Léon Blum choisit la non-intervention par crainte d’un conflit européen. Cependant, conscient du danger que les dictatures font peser sur la démocratie, il fait voter une loi augmentant le budget militaire (20 milliards en 1933, 85 en 1939).
3. La situation économique se dégrade : la production industrielle baisse et le chômage ne disparaît pas, alors que l’augmentation des prix réduit à néant la hausse des salaires. Face à l’hostilité du patronat, Léon Blum annonce, en 1937, une « pause » des réformes qui ne ramène pas la confiance : c’est pourquoi il démissionne.
4. En 1938, un gouvernement plus modéré se met en place, sous la direction du radical Daladier, dont la volonté est de « remettre la France au travail » (doc 6).
Convention collective : accord entre représentants des salariés et du patronat pour définir les conditions de travail.
Les délégués de la Confédération générale de la production française et de la Confédération générale du travail se sont réunis sous la présidence de M. le président du Conseil et ont conclu 1’accord ci-après. (…) Art. 1er - La délégation patronale admet 1’établissement immédiat de contrats collectifs de travail. (…) Art. 2 - L’observation des lois s’imposant à tous les citoyens, les employeurs reconnaissent la liberté d’opinion, ainsi que le droit pour tous les travailleurs d’adhérer librement et d’appartenir à un syndicat professionnel. Les employeurs s’engagent à ne pas prendre en considération le fait d’appartenir ou de ne pas appartenir à un syndicat pour arrêter leurs décisions en ce qui concerne 1’embauche, (…) Les mesures de discipline ou de congédiement. Art. 4 - Les salaires seront rajustés selon une échelle décroissante commençant à 15 % pour les salaires les moins élevés pour arriver à 7 % pour les salaires les plus élevés. Art. 5 - Dans chaque établissement de plus de dix ouvriers, il sera institué deux ou plusieurs délégués ouvriers selon 1’importance de 1’établissement. Art. 6 - La délégation patronale s’engage à ce que ne soit prise aucune sanction pour fait de grève. Accords Matignon, 7 juin 1936 (extraits).
Du fait de la République, régime de 1’étranger, nous subissons actuellement trois invasions, la russe, 1’allemande et notamment la juive allemande,l’espagnole. La crapule de ces trois nations s’infiltre et s’installe chez nous. Elle y pille, elle y corrompt et elle y assassine. Ce mouvement immonde annonce la guerre. La domination du juif Léon Blum, totalement étranger à nos mœurs, coutumes et façons de comprendre et de ressentir, multiplie actuellement le péril par dix. Léon Daudet, article du journal L’Action fran¢aise, octobre 1936.
Si la France veut gagner la partie, il faut que notre production s’élève de 30 à 40 %. (… ) Il faut donc que la durée du travail puisse être allongée. J’ai une question à vous poser : « Croyez-vous que dans J’Europe d’aujourd’hui, la France puisse à la fois maintenir son train de vie, dépenser 25 milliards d’armements et se reposer deux jours par semaine ? » Je vous entends me dire « non ». Alors ? Je vous annonce qu’en France la semaine des deux dimanches a cessé d’exister. Allocution radiodiffusée de Paul Reynaud, membre du gouvernement Daladier, 12 novembre 1938.
• Pour les classes populaires, l’été 1936 représente un esprit nouveau : l’accès aux loisirs ouvre d’autres perspectives à la vie. Dans ce domaine, le rôle essentiel est joué par Léo Lagrange, sous-secrétaire d’État à la Jeunesse, aux sports et aux loisirs. II obtient des billets de train à prix réduit, fait ouvrir des auberges de jeunesse, fait construire des stades et des piscines.
• Le Front populaire inaugure aussi une nouvelle politique culturelle. Le théâtre populaire est encouragé. La fréquentation des musées est facilitée. Des réalisateurs français, comme Jean Renoir, produisent un cinéma populaire de qualité.
• Cette attention nouvelle portée aux sports, aux loisirs et à la culture populaire suscite l’enthousiasme. En témoignent les cartes postales reçues par Léon Blum à partir d’août 1936 : « Grâce à vous, j’ai découvert la mer » ou « Merci, Monsieur Blum ».
"Notre but, simple et humain, est de permettre aux masses de la jeunesse française de trouver dans la pratique des sports, la joie et la santé et de construire une organisation des loisirs telle que les travailleurs puissent trouver une détente et une récompense à leur dur labeur. J’ai employé le mot « masse » et je 1’ai employé volontairement. En effet dans les sports, nous devons choisir entre deux conceptions différentes. l. La première se résume dans le sport-spectacle et la pratique de sports restreints à un nombre relativement petit de privilégiés. (…) 2. Selon la deuxième conception, tout en ne négligeant pas le côté spectacle et la création de champions qui ont leur raison d’être, c’est du côté des grandes masses qu’il faut porter le plus grand effort. La plus grande partie de la jeunesse de France ne peut pas aujourd’hui pratiquer les sports. Les causes sont multiples : manque de terrains et de stades, manque d’instructeurs et d’entraîneurs, manque de temps pour les jeunes qui travaillent, frais trop élevés. Nous allons attaquer de front tous ces problèmes. Nous ne voulons pas que notre action ait pour seul objet de mettre dans les mains de nos jeunes un fusil. C’est en messager de la vie et non pas de la mort que nous voulons nous présenter."
Discours radiodiffusé de Léo Lagrange, le 10 juin 1936.
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Source : Histoire-Géographie, classe de 3ème – Nathan page 67
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