mercredi 30 avril 2008, par mars
Que de discours, que d’intuitions, que d’analyses, pour expliquer , 40 ans après, les évènements de l’année 1968 …
La réponse est si simple, si naturelle pourtant ! Lisez plutôt leur histoire :
Ils pompent tous. TOUS ? Non , pas tous : la nouvelle génération refuse de pomper ! Bien qu’un peu difformes, ils seraient capables de pomper. Mais ils ne veulent pas , ils préfèrent … vaquer ou ne rien faire …
Les Shadoks de Jacques Rouxel [1]sont diffusés pour le première fois à la télévision (l’ORTF) en avril 68.
Ils pompent aussitôt, et bouleversent tout, le pouvoir, le savoir, la science, le travail, plus rien ne va face aux Gibis qui ne pensent qu’à faire la fête et réussissent beaucoup mieux , ou presque.
D’un côte les industrieux misérables et sans état d’âme (presque), de l’autre ceux qui nagent dans le bonheur et l’harmonie. Tout n’est pas rose pour eux non plus pourtant. Le méchant Gégène s’attaque à tout. Les Gibis comme les Shadoks ne devront leur survie qu’à … suspens …
Le pouvoir appartient à trois personnages que l’on distingue des autres par leurs attributs :
Le vénéré Chef Shadok cheffaille à tout va, il ordonne, commande, indique la direction avec le doigt de son sceptre ;
Il punit aussi, et condamne au Goulp, redoutable et ignoble geôle où sontenvoyés les Shadoks resquilleurs qui font semblant de pomper…
Directeur des Consciences et des Robinetteries, il s’occupe plus spécialement d’astrologie.
Il est chargé de faire lever le soleil chaque matin. Les Shadoks le respectent et l’admirent. Comme il dit qu’il lit l’avenir dans son robinet magique, le Chef Shadok le consulte souvent sur des problèmes de gouvernement ou sur des problèmes de robinets, c’est son principal collaborateur…
Mathématicien et physicien, ce chercheur distingué est le scientifique attitré du peuple Shadok.
Concepteur de la fusée Shadok, puis de la Cosmopompe, il fait de brillantes conférences, pas toujours limpides, mais qui forcent l’admiration, notamment sur les nouilles et les passoires, la géométrie des points et des lignes, ou encore sur la Tombologie, théorie néo-newtonienne tendant à démontrer que parfois, les choses ne tombent pas, elles détombent …
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Les proverbes sont la base de toute société bien organisée … En voici quelques-uns :
• Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?
• C’est en forgeant que l’on devient musicien
• Je pompe donc je suis
• S’il n’y a pas de solutions, il n’y a pas de problèmes
• Pour qu’il y ait le moins de mécontents possibles il faut toujours taper sur les mêmes
• Quand on ne sait pas où on va il faut y aller…. et le plus vite possible
(une liste plus complète est disponible sur le site dédié et sur http://perso.numericable.fr/gabuzo38/shad_devises.html )
L’histoire commence comme dans les beaux livres des « contes et légendes » :
"C’était il y a très très très longtemps.
En ce temps là, il y avait le ciel.
A droite du ciel il y avait la planète Gibi ; Elle était complètement plate et elle penchait soit d’un côté soit de l’autre …
A gauche du ciel il y avait la planète Shadok. Elle n’avait pas de forme spéciale … ou plutôt, elle changeait de forme.
Au milieu il y avait la planète Terre qui était ronde et qui bougeait.
Les Shadoks et les Gibis en eurent assez de vivre sur des planètes qui ne marchaient pas bien. Alors ils décidèrent les uns et les autres, d’aller sur la planète Terre qui avait l’air de mieux marcher".
Ainsi commence une épopée …
Des histoires de fusées et de marins et beaucoup, beaucoup d’épisodes, évènements, découvertes , échecs et fléaux. Une fois sur la planète Terre, d’autres problèmes seront à surmonter. Ulysse, heu … les Shadoks auront à affronter maintes épreuves. Ils ne sont pas dégourdis, pas malins, pas logiques, pas gentils, … ils pompent …
Non , pas tous : la nouvelle génération refuse de pomper !
Bien qu’un peu difformes, ils seraient capables de pomper. Mais ils ne veulent pas , ils préfèrent … vaquer ou ne rien faire …
C’est alors que commença la difficulté.
La population ne pompait pas. La population ne voulait pas pomper. La population refusait de pomper. La population était sur le dos, les pattes en I’air, et s’en fichait. Belle mentalité !
C’était donc ça la nouvelle génération de Shadoks lunaires. Des Shadoks qui, dans ces jours où s’écrivaient des pages parmi les plus grandioses de leur histoire… s’asseyaient dessus.
La situation était tragique. Gégène sans répit les bombardait. La Lune trouée de toutes parts commençait à sombrer et les Shadoks lunaires refusaient obstinément de pomper.
Tout semblait perdu pour les Shadoks. Non, peut-être pas. Le Devin Plombier avait une idée… II restait encore… la Légende.
En ce temps-là en effet, chez les Shadoks, il y avait une vieille légende qui courait.
Le Devin Plombier l’avait enfermée dans son robinet et il la faisait parler le soir à la veillée pour faire peur aux Shadoks et les faire pomper. Elle disait pas mal de bêtises, la vieille légende, mais elle disait aussi… qu’autrefois sur la planète Shadok il y avait un monstre. Un monstre terrible qui n’avait qu’un œil et qui mangeait tous ceux qui ne voulaient pas pomper.
Elle disait qu’il avait été condamné à errer dans l’espace, le monstre, mais qu’il avait juré qu’il reviendrait et qu’il se vengerait. Et c’est sur eux qu’il se vengerait s’ils ne voulaient pas pomper… Voilà ce qu’elle disait, la vieille légende, Et elle ajoutait que, quand le monstre reviendrait, eh bien ça serait la fin du monde par-dessus le marché !
Mais les Shadoks lunaires, une légende aussi vieille que ça, cela leur faisait ni chaud ni froid. Ah ! elle avait bien du mal. Alors, pour lui donner un coup de main, le Devin Plombier regarda dans son robinet magique un matin et s’écria :
« (ça y est ! Je le vois ! ! ! II arrive ! ! ! II est là ! ! ! Levez-vous et pompez. C’est dans trois jours la fin du monde ! » Mais les Shadoks lunaires disaient qu’ils s’en fichaient.
« Attention ! Plus que deux jours avant la fin du monde ! » Et les Shadoks lunaires s’en fichaient de plus belle. « Pour la dernière fois, je vous le dis : Pompez et craignez, car c’est demain la fin du monde ! »
Et à la veille d’un si grand jour, les Shadoks lunaires restaient couchés. Belle mentalité ! Le Soleil et la Terre un peu plus tard en firent autant. Et à la faveur de la nuit, silencieusement et pas à pas, tout doucement, le lendemain approchait.
Et si la vieille légende avait dit vrai !!!
Cet article a été rédigé à l’appui des 3 volumes : La vengeance du Marin ; Ga Bu Zo Meu ; La course à la lune , textes et dessins de Jacques Rouxel, éditions circonflexe
Et aussi grâce aux informations des sites http://www.lesshadoks.com/
http://perso.numericable.fr/gabuzo38/Shad_0.html
LIENS
Mai 68 enseigné au collège en 2007
La période 1945-1973 enseignée au collège en 2007
[1] Jacques Rouxel, génial créateur de ces drôles de bestioles et de la série télévisée d’animation qui divisa la France au printemps 68. Pour plus d’information voir les sites données en lien