samedi 25 octobre 2008, par mars
Source : [1]
Désolés, nous ne sommes pas savants et Louise Doriat n’a pas été modèle de peintre célèbre ou empoisonneuse de roi, alors , l’histoire passe à la trappe cette femme courageuse (qui n’a pas toujours raison mais qui a eu le courage de passer dans la sphère publique pour prendre la parole ? A une époque (pas si lintaine) ensauvagée par la domination masculine , c’est une exploit !
Cet article ne contient pas énormément d’informations mais , nous le publions, sinon , il n’y aura jamais de place pour les personnes courageuses, comme Louise Doriat et tant d’autres que nos mémoires abandonnent , sont Adèle Esquiros - Battanchon (1819 - 1886) parce que ce sont des femmes.
L’engagement de Louise Doriat est connu par les travaux de Rebecca Rogers , historienne) qui a travaillé (entre-autres) sur l’éducation des jeunes filles pendant le 19ème siècle. Ci-dessous , une présentation rapide et les liens.
« Tant que les lions n’auront pas leurs propres historiens, les histoires de chasse continueront de glorifier le chasseur » proverbe africain
Rebecca Rogers : From the Salon to the Schoolroom. [2]
Rebecca Rogers, après bien d’autres travaux sur l’éducation des jeunes filles depuis son étude des demoiselles de la légion d’honneur au XIXe siècle, s’attache dans cet ouvrage à la manière dont l’éducation a su forger une identité sociale et individuelle des femmes de la bourgeoisie française, les formant pour la vie privée mais aussi sociale. Elle pose en effet l’hypothèse que la salle de classe remplace peu à peu le salon comme lieu d’influence des femmes, même si de multiples discours, dont le médical n’est pas le moindre, suggèrent que les femmes n’ont besoin que d’un minimum de connaissances intellectuelles pour être de bonnes bourgeoises, mères et épouses.
source : [3]
Rassurez vous, tout finira bien, il y a même des femmes enseignantes dans les universités aujourd’hui , alors , vous pensez !!!
Quelques dates :
L’année 1920 voit , en France, la première femme ayant le droit d’exercer le métier d’enseignante. Son statut est arrangé, (bien entendu) "déclassé" car elle n’a pas pu étudier le latin et le grec , cet enseignement étant réservé aux élèves mâles.
Elle enseignait donc les lettres modernes alors que les professeurs masculins enseignaient les lettres classiques, celles qui ouvraient , à l’époque, toutes les portes de l’excellence : de la médecine à la philosophie en passant par tout le reste. De nos jours, ce sont les mathématiques qui servent de tremplin doré.
En 1924 est instauré un baccalauréat pour les filles. Avant, c’est simple, elles n’avaient pas le droit de passer cet examen.
Les épreuves du baccalauréat pour les filles ne sont pas celles des garçons, c’est plus simple et plus adapté à leur "vocation naturelle" : la domesticité, le service à la personne, et le "savoir vivre" (entre quatre murs peuplés de gosses ou de galants).
Extrait de : Rebecca Rogers, « Le professeur a-t-il un sexe ?
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C’est en 1845 que, pour la première fois, la question de la présence d’hommes dans l’enseignement des jeunes filles devient une affaire publique et polémique :
Louise Dauriat, femme de lettres et proche des milieux saint-simoniens, dénonce alors, dans un mémoire d’une trentaine de pages adressé aux dirigeants de la municipalité parisienne et à la Chambre des pairs, le scandale qu’introduisent les hommes dans les pensionnats féminins.
Selon elle, « il n’est que trop vrai que parmi les maîtres, soit qu’ils enseignent les sciences, soit qu’ils enseignent les arts, il en est qui ne craignent pas d’envelopper dans leurs infâmes séductions de jeunes pensionnaires ».
Louise Dauriatsouligne de plus l’hypocrisie de la règlementation départementale concernant les maisons d’éducation de jeunes filles : alors que les autorités préfectorales, depuis 1837 surtout, exigent des femmes des diplômes de capacité et des attestations de moralité, les hommes n’ont, quant à eux, à justifier d’aucune qualification. En outre, insiste-t-elle, par leur présence ils privent des bourgeoises d’emplois légitimes.
Pour créer la sensation, le mémoire de Louise Dauriat met surtout en avant le danger moral que représente la présence d’hommes parmi des jeunes filles, mais son argumentation montre aussi le souci d’approfondir les « études classiques » des jeunes filles bourgeoises, d’éliminer les ouvrages à l’aiguille (qui peuvent être appris sous le toit maternel) et de renforcer l’apprentissage physique à travers le développement de la gymnastique.
Ses écrits, largement diffusés au sein du milieu enseignant dans les revues pédagogiques qui fleurissent à l’époque, provoquent de vives réactions de la part des professeurs de sexe masculin qui insistent à la fois sur l’incapacité des femmes à donner une « instruction solide et sérieuse » (c’est l’opinion de Lévi-Alvarès), et sur la préférence accordée par les familles aux hommes dans l’instruction de leurs filles.
« Supprimez les professeurs dans l’enseignement des demoiselles », se défendent-ils donc, « et le lendemain presque toutes les institutions laïques se fermeront, attendu que ce sont les professeurs qui seuls les soutiennent ; les parents qui tiennent à ce que leurs enfants aient de l’instruction, sachant que la science est à peu près nulle dans les couvents, confient leurs enfants à une institutrice qui leur procure des professeurs distingués ».
Ce jugement, porté par les principaux intéressés, est évidemment sujet à caution ; mais les rapports d’inspection des pensionnats confirment l’attrait exercé par la présence de professeurs sur le recrutement de la clientèle des pensionnats féminins.
Sur l’éducation des filles lire également : Sur le site du Mouvement Social, revue publiée par l’Association Le Mouvement Social, depuis 2008 aux Éditions de la Découverte.
"Les bourgeoises au pensionnat. L’éducation féminine au XIXe siècle", [5]
Principaux thèmes de recherche :
• L’éducation des filles en France au XIXe siècle
• L’histoire de la mixité scolaire en France
• L’éducation des filles dans les colonies
• L’historiographie comparative de l’histoire des femmes
Dernières publications :
• Avec Pierre Caspard et Jean-Noël Luc, « L’éducation des filles. XVIIIe-XXe siècles. Hommage à Françoise Mayeur », Histoire de l’éducation, 115-116, 2007.
• Rogers (Rebecca), Les bourgeoises au pensionnat. L’éducation féminine au XIXe siècle (traduction française de From the Salon to the Schoolroom : Education Bourgeois Girls in Nineteenth-Century France, University Park, PA, Penn State University Press, 335p), Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2007, 390 p.
• Rogers (Rebecca), « Les enseignantes religieuses et laïques au XIXe siècle : vocation ou activité professionnelle », dans Métiers, genre et identités professionnelles, éd. Jean-Yves Causer, Roland, Pfefferkorn, Bernard Woehl, Paris, l’Harmattan, 2007, p. 33-50.
• Rogers (Rebecca), « The Politics of Writing the History of French Girls’ Education », History of Education Researcher, 80, novembre 2007, p. 136-144.
• Rogers (Rebecca), « L’éducation des filles : Un siècle et demi d’historiographie », Histoire de l’éducation, 115-116, 2007.
• Rogers (Rebecca), 2006, Les demoiselles de la Légion d’honneur, Les maisons d’éducation de la Légion d’honneur au 19e siècle, 2e éd., Paris Perrin, 374 p.
• Rogers (Rebecca), 2005, From the Salon to the Schoolroom : Education Bourgeois Girls in Nineteenth-Century France, University Park, PA, Penn State University Press, 335p. [livre primé en 2007 par la History of Education Society, Grande-Bretagne]
Bibliographie complète : http://www.cerlis.fr/pagesperso/permanents/rogersrebecca.htm
— - LIENS Année 2009, anniversaires, évènements, commémorations
[1]
la mémoire des femmes . De Paulette Bascou-Bance http://books.google.fr/books ?id=WnT2elnKW1UC&pg=PA165&vq=Flora+Tristan&dq=Louise+Dauriat&source=gbs_search_r&cad=0_1&sig=ACfU3U37otmzwxdA6K3DZ69A_T4y5sPKMw#PPA166,M1 .
[2] Educating Bourgeois Girls in Nineteenth-Century France, University Park, The Pennsylvania State University Press, 2005, 335 pages, ISBN : 978-0271026800. 65 dollars.
[3] http://rh19.revues.org/document1832.html
[4] : les débats autour de la présence d’hommes dans l’enseignement secondaire féminin, 1840-1880 », Clio, numéro 4-1996, Le temps des jeunes filles, . URL : http://clio.revues.org/index445.html.
[5] http://mouvement-social.univ-paris1.fr/document.php ?id=1158